Faire comme si.
Une semaine après la disparition de trop nombreuses personnes, dont Thomas Duperron (chargé de la communication pour La Maroquinerie), Freakshow Magazine, tenait à rendre un hommage à toutes les personnes tombées sous les balles d’extrêmistes, ainsi qu’à leur famille et leurs proches lors des attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

VKNG (ndlr prononcez Viking) c’est le dernier projet de Thomas de Pourquery qui s’est mis en tête de nous faire danser sur une musique pop rock électro avec son ami Maxime Delpierre. Tombés sous le charme d’un premier single intitulé Mary – titre marqué par la voix singulière du chanteur, et illustré par une vidéo aquatique assez psychédélique –  nous nous sommes intéressés de plus près au groupe. Après une première rencontre écourtée lors du festival Rock En Seine l’été dernier, Freakshow Magazine a eu la joie de pouvoir se rendre à la release party consacrée à Illumination, le premier album du groupe qui a eu lieu à La Maroquinerie le 10 novembre dernier.

_DSC5784Introduction franco-allemande explosive.

La soirée débute dans un calme olympien alors qu’entre en scène Karoline Rose. Munie de sa guitare, l’artiste est seule au micro pour son premier morceau. Nous avons immédiatement quelques doutes sur ce que nous allons devoir subir durant cette première partie. Ces doutes sont en réalité vite balayés quand Karoline se met à chanter: c’est plutôt pas mal. Et cela devient même super bien avec les morceaux suivants. Marielle Chatain fait son apparition à son tour, et rejoint Karoline pour assurer es percussions sur tous les morceaux suivants du set.

Capable de changements de rythmes rapides et chaotiques, d’emballements vocaux, Karoline convainc le public de se rapprocher au plus près de la scène. Elle prend la parole entre deux morceaux pour nous révéler ses origines franco-allemandes qui lui servent alors de justification pour annoncer une reprise d’un morceau de rap qu’elle va nous interpréter en allemand justement. Nous ne savons pas si l’original est joué aussi rapidement, mais sous sommes bluffé par son débit de paroles. La folie de l’artiste va crescendo avec l’avancement du concert, et nous terminons sous le charme de ce duo féminin et de l’énergie qu’il a partagé avec le public. Une belle surprise.

_DSC6562Du Jazz à l’électro-pop.

Thomas de Pourquery est reconnu en tant qu’excellent musicien et accumule de nombreuses récompenses récoltées depuis le début de sa carrière de saxophoniste au travers de différents projets ayant abouti à la réalisations de plusieurs albums. Nous pouvons souligner en particulier sa participation au collectif punk Rigolus dans lequel il officiait à la fois en tant que musicien et que chanteur au début des années 2000. Soulignons également qu’il est à l’origine de la création de The Brain Festival, un évènement caritatif qui a pour but de soutenir la recherche sur les maladies neurovégétatives.

Entouré d’autres amis musiciens, dont le guitariste Maxime Delpierre, il lance un nouveau projet connu sous son nom de code énigmatique VKNG. Ensemble, ils ont pris le pari de  faire danser les gens en produisant une musique electro-pop de qualité. Il s’agit d’une formation à quatre membres, un batteur qu’on devine difficilement, caché derrière de nombreuses installations scéniques, d’un bassiste qui assure des parties chœurs et quelques synthés, de Maxime à la guitare électrique et de Thomas au micro et aus synthés également. Ce qui frappe immédiatement, c’est la présence scénique du chanteur. Cet homme à la carrure trappue, et à la longue barbe brun-rousse nous a Impressionné en se présentant au public le poing levé.

Le premier morceau nous plonge d’emblée dans le bain, musique envoutante, excellente présence sur scène, avec un public ravi. Le deuxième titre s’enchaine rapidement, et présente un côté plus hypnotique que le précédent, c’est un déferlement d’énergie dans les rythmiques et surtout dans le jeu de la basse. Le chanteur n’hésite pas à donner de sa personne, et danse en permanence avec son micro à la main. Nous savourons ce moment en restant comme fascinés par le chant aigü de Thomas, mais également par le jeu du bassiste, dont la joie est réellement communicative. Le morceau prend une sonorité rock qui n’est pas pour nous déplaire, et qui se marie bien avec les sons électroniques des synthétiseurs.

Au final, ce fut une merveilleuse soirée passée dans une ambiance très chaleureuse et pour laquelle nous garderons un souvenir tout particulier puisque c’était pour nous la dernière fois que nous avons croisé Thomas .


William Soragna

En mémoire de Thomas Duperron