Voici un concert que nous attendions depuis longtemps, bien avant que ne surviennent les événements du 13 novembre. C’est vrai que notre motivation était affaiblie par notre sentiment de désarroi mêlé à une certaine appréhension lors de cette soirée du 14 décembre 2015. Il régnait d’ailleurs une atmosphère étrange, pesante, non seulement dans la salle de la Flèche d’Or, mais également dans tout Paris aux rues désertes. Honnêtement, nous nous sommes rendu à ce concert à reculons.
_DSC9186Love Amongst Ruin est un groupe britannique fondé par Steve Hewitt juste après son éviction du groupe Placebo où il officiait en tant que batteur. Le nom de cette formation n’est pas du au hasard, il synthétise parfaitement le ressenti de Steve à ce moment là. Entre un monde qui s’écroule, et une identité à reconstruire, le batteur trouve refuge dans l’amour de ses fans. Il s’entoure alors de quelques musiciens et sort un premier album éponyme dès 2010. S’ensuit alors une série de concerts qui mènera le groupe jusqu’à la Fête de la Musique à Valence.

Depuis les membres ont fait pas mal de va-et-viens, jusqu’à la récente sortie du deuxième album paru l’été dernier. La composition actuelle a notamment intégrer le guitariste Perry Bamonte qui a partagé quelques années de sa vie au sein de The Cure. Le groupe s’entoure également de Daryl Bamonte en tant que band manager, qui a auparavant travaillé avec Depeche Mode et The Cure également.

Ce soir, il s’agit du dernier concert d’une tournée qui accompagne la sortie de leur deuxième album intitulé Lose Your Way. Pour notre part, nous ne retiendrons de ce concert qu’un son deep et hypnotique de guitares dans lequel se noie les réverbérations de la voix de Steve Hewitt. La prestation est dense et les accords de lumières passent du noir au blanc, ce qui ne fait qu’exacerber le ressenti général. La salle n’est pas déserte mais accuse tout de même le coup par rapport aux attentats, et l’ambiance est mitigée, même si chacun semble vouloir faire comme-ci tout allait bien, et se force à sourire un peu.

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William Soragna