Imaginez un festival de musique complètement gratuit, sur une semaine entière, en plein cœur de Paris, dans une ambiance de détente puissance dix, et qui fleure bon les premiers départs en vacances? Impossible nous direz-vous? Et pourtant le festival Soirs d’Eté – Ouï FM l’a fait! Année après année, la municipalité du 3e arrondissement de Paris parvient à proposer une série de concerts en plein air, un rendez-vous qui est devenu incontournable pour de nombreux fans de musique. Fidèles parmi les fidèles, depuis quelques temps déjà, nous nous sommes une nouvelle fois hâtés sur la place de la République pour l’inauguration de cette 17e édition.

_DSC3725Programmation aux petits oignons.
C’est une nouvelle fois Ouï FM, la radio pop-rock et soul, qui tient les rênes de la programmation du festival. Un nouveau challenge cette année : réunir quatre artistes par soirée au lieu de trois habituellement. De plus, pour satisfaire le plus grand nombre, la sélection se doit d’être particulièrement éclectique. Évidemment du rock, de la pop, mais aussi du folk et une surprise de taille carrément funk. Ce sera même le point d’orgue du festival, le retour sur scène du groupe FFF. L’organisation, malgré l’aspect assez minimaliste de son infrastructure, déborde d’ambition quant aux artistes invités et ne manque pas par la même occasion de faire quelques envieux sur la place de Paris.

_DSC2928La pluie en invité de dernière minute.
Celle que nous avions déjà détestée à Solidays, est venue faire des siennes à l’ouverture du festival Soirs d’Été-Ouï FM: la pluie ! Des conditions météo exécrables qui ont un peu gâché la fête quasiment toute la semaine. C’est avec des airs de clowns, vêtus de nos ponchos, que nous avons assisté au coup d’envoi donné par Shaka Ponk le dimanche 6 juillet. Une occasion en or pour ce groupe qui prône plutôt l’anarchie, tout du moins musicale, d’y aller de sa petite phrase en rapport avec leur présence sur la place de la République… Malgré ses blessures aux genoux, Frah, le leader, fait le show, secondé par Sam qui l’accompagne au chant, et qui prend la relève pour les acrobaties impliquant des sauts. La prestation de Shaka Ponk tranche avec l’introduction relativement douce que nous avaient offerte The Dukes et les Cats On Trees. La tête d’affiche balance une musique explosive illuminée par un light show aveuglant qui ne manque pas de réveiller le public quelque peu transi par la pluie. C’est un peu moins la fête pour les cameramen, qui pataugent et qui donnent de leur personne pour ramener les meilleures images possibles de cette soirée.

_DSC4390Rendez-vous quotidien pour touristes et citoyens.
Une des qualités de cet évènement c’est de partager du plaisir dans une ambiance bon enfant. Il réussit à rassembler les fans des groupes qui sont à l’affiche, des parisiens curieux et, étant donné son exposition particulièrement centrale, le festival attire également quelques touristes flâneurs. Une fois n’est pas coutume, cette année la parole est également donnée sur scène aux intermittents du spectacle à plusieurs reprises. Ils viennent dénoncer une nouvelle fois le caractère précaire de leur statut, et sensibiliser les citoyens face aux projets du gouvernement à leur égard. Quelques célébrations ont d’ores et déjà été annulées aux quatre coins de l’hexagone pour marquer leur mécontentement. Alors profitons de Soirs d’Eté – Ouï FM qui a été épargné, et qui offre les concerts de plus d’une vingtaine de groupes sur toute la semaine. Avec entre autres, le rock déjanté des Wampas, le retour de Zebda, les excellents Trigger Fingers, Mustang ou encore The John Butler Trio, autant de groupes qui vont donner le tempo du festival. La semaine s’achève en apothéose avec la prestation de Marco Prince et de ses acolytes de la Fédération Française de Fonck qui ont carrément mis une ambiance de feu devant plus de 20 000 personnes rassemblées pour l’occasion.

Comme chaque année, le festival Soirs d’Été-Ouï FM cède sa place à une soirée avec un bal populaire pour la fête nationale du 14 juillet. Une occasion de rester dans la bonne humeur et de profiter une nouvelle fois de la place de la République jusqu’au bout de la nuit…

William Soragna